Trail du Mont Saint Aubert 2013

aire de départAlors que je suis sur la place de l’église du Mont Saint Aubert avec Franck ce dimanche matin à quelques minutes du départ de la 5ième édition de ce Trail, je dois reconnaitre que je me demande qu’est ce que je fais là…

En effet, divers soucis m’ont éloigné des sentiers durant la quasi totalité du mois de Janvier (je vais presque doubler mon kilométrage cumulé depuis le début d’année aujourd’hui…) et la météo est loin d’être propice à la performance.

L’attente se fait sous des trombes d’eau, le froid ressenti est aggravé par les rafales de vents qui soufflent ce matin ajoutés à la température pas non plus très haute…

Autant vous dire qu’il faut en avoir dans le collant pour oser envisager faire un trail de 30km dans ces conditions…

La tache s’annonce d’autant plus ardues que la pluie va provoquer un mix entre neige, neige fondue, glace et boue sur les sentiers que nous apprêtons à fouler…

Je tente de chasser ces mauvaises pensées de ma tête et me remet à sautiller sur place, comme tout le monde, pour me réchauffer en attendant le départ.

Premières FouléesIl est maintenant 10h et au dixième coup de cloche tout le monde s’élance dans la descente!!!

Franck se cale dans le cœur du peloton, il a l’air bien en jambe aujourd’hui :)

De mon coté, vu le peu de km que j’ai dans les jambes, j’opte pour l’option « sécurité » et me cale à l’arrière à une allure vraiment tranquille envisageant si je me sens bien d’augmenter l’allure par la suite.

Les minutes à attendre sur la place m’ont frigorifié et même en courant j’ai du mal à me réchauffer.

Les premières descentes à travers champs sont plutôt larges, ce qui évite la formation de bouchon et permet d’aller à son rythme.

Malgré cela, je me sens moins à l’aise que d’habitude et je suis plutôt sur la retenu que relâché.

Qu’importe, mon allure modéré me permet au moins de ne pas trop m’épuiser dans ces premiers kilomètres, on verra bien si l’aisance reviens par la suite ;)

Km2, au détour d’une route entre 2 champs je suis victime d’une chute à cause d’une plaque de verglas qui avait échappé à ma vigilance…

verglas

Je tombe sur la hanche coté droit et glisse sur le flanc jusqu’à une grosse flaque d’eau… Mes gants et mon collant sont trempés :(

Plus de peur que de mal, je ne ressens pas trop la douleur au niveau du point d’impact, par contre, mes gants gorgés d’eau me glacent les mains encore plus.

Je remue les doigts pour qu’ils ne soient plus engourdi, mon attention est focalisé sur mes frissons et 2km plus loin nouvelle chute sur la glace…

Le moral est au plus bas, même si aucun mot ne sort de ma bouche, dans ma tête je suis dans un état d’esprit entre désabusé et hyper énervé contre moi et mon manque de concentration.

ForêtJe finis néanmoins par me reprendre à la faveur d’un passage en forêt où je m’amuse plutôt pas mal à défaut d’aller vite…

Je n’ose toujours pas élever mon allure, ne sachant pas trop ce qui m’attends par la suite et aussi parce que je ne sais pas si mon physique va tenir la distance jusqu’au bout.

Malgré cela, je ne marche très, même dans les plus grosses montées choisissant plutôt sur celle-ci de faire de petites foulées. À vrai dire, seul les bourbiers à traverser m’oblige à suspendre temporairement ma petite foulée.

Je ne prends donc que très peu de risque, mais double régulièrement des concurrents sans jamais forcer :)

Il faut dire que chaque dépassement doit être bien calculé et anticipé, car si la trace principale est déjà très problématique à courir, s’en écarter est quasi impossible sous peine de se retrouver sur la glace ou dans l’eau glacée…

Le passage forestier aussi sympathique qu’acrobatique se termine, un peu trop vite à mon goût, j’aurai bien aimé y rester un peu plus longtemps.

Me voilà maintenant en campagne.

Le vent se ressent ici beaucoup plus car sur ce type de terrain, rien ne permet de nous abriter de lui. Je suis bien content d’avoir pris un buff pour pouvoir me protéger le visage et les oreilles quand je me prends des rafales glaciales de pleine face…

Sur ces sentiers champêtres la pluie a fait son œuvre pour faire fondre une bonne partie de la neige, dont une bonne couche recouvrait la totalité de la région jusqu’à la veille.

SentiersC’est donc un amalgame de neige, neige fondue, glace et terre boueuse qui comme prévu « agrémente » la progression…

Le plus dur, je trouve, étant de distinguer la neige fondue de la glace qui bien souvent sont d’un aspect visuel très proche.

Si mes 2 chutes de tout à l’heure, ne m’avait pas trop marquées physiquement, elles m’avaient filé un sacré coup au moral et j’appréhende beaucoup de tomber encore une fois…

7km de passé, mon allure réduite me donne l’impression que cette première partie a duré une éternité alors que peu de temps ne s’est écoulé. Le premier ravito est en vue, une tente avec un bucher pour réchauffer l’atmosphère. Je m’arrête à peine, profitant juste de l’endroit pour boire un verre de coca et je repars sans attendre.

Toujours en campagne et sol de plus en plus difficile… Par contre au niveau température, je me sens bien mieux que sur les premiers km découverts… Je ne sais pas trop si je commence à m’habituer aux conditions climatiques ou si la température est remontée mais qu’importe, l’essentiel est que cela commence à devenir plus supportable :)

Le revers de la médaille des terrains traversés et que mes chaussures sont gorgées d’eau, mais heureusement, la plupart du temps mes pieds réchauffent assez vite après les différentes immersions qu’ils subissent : boue à mi-mollet lors de passage à travers des près plus que gorgés d’eau, flaques d’eau glacée plus profondes que prévues…

Je double toujours régulièrement quelques coureurs, malgré mon allure réduite mais je n’y prête que peu d’attention, plutôt focalisé sur ma propre progression.

Il faut dire que comme je suis parti de l’extrême queue du peloton, je ne pouvais que doubler des gens à un moment donné.

Le deuxième ravito arrive alors que je ne suis toujours pas à l’aise comme j’aimerai. J’ai l’impression qu’inconsciemment j’ai pas mal sous-couru la première moitié de la course…

Je ne m’arrête pas plus longtemps qu’au premier ravito profitant là encore pour boire un verre de cola et repars plein de bonne volonté.

Nouvelle chute sur le verglas juste dans la cour à la sortie de ravito sur les fesses cette fois. Bizarrement au lieu de complètement me démotiver comme ce fut le cas pour les précédentes, celle-ci est un déclic : marre de subir, je vais essayer d’aller de l’avant.

L’allure est enfin un peu plus satisfaisante, même si ce n’est pas celle des jours de forme, je me sens enfin dans la course : après 15km d’errements il était temps!

Je commence à vraiment prendre le trail est mon compte et par la même occasion m’amuse enfin!

Incroyable mais vrai : j’ai l’impression qu’une nouvelle course commence.

Pourtant les sentiers ne sont pas en meilleur état que ceux traversé jusqu’à présent, mais je ne crains plus de les arpenter.

Du coup je cours plus relâché et beaucoup plus détendu. Même si il est bien trop tard pour espérer quelque chose (pour cela il aurait fallu que je sois dans cet état avant la mi-course) je m’attèle à bien figurer. Cela tranche avec l’attitude de certain coureur que je commence à rattraper, et qui sont complètement à la dérive, usés par des conditions de course difficiles.

Pour moi : c’est l’inverse et j’espère pouvoir tenir ainsi jusqu’au bout!

Les passages s’enchainent et je ne faibli pas : bien au contraire.

Toujours la même technique en montée à base de petites foulées mais l’allure globale se ressent de mon regain de forme (inespéré) tout va bien mieux.

Les seuls passages me posant encore problème sont ceux dans la boue où je m’enfonce à mi-mollet, mais je pense que c’est le cas pour la totalité du peloton :P

J’entre au dernier ravito avec la banane, ça change!

Il ne reste plus beaucoup à parcourir, un verre de coca et on y retourne!!!

Un petit peu de bitume le soleil apparait enfin et j’aperçois l’église du mont : la fin est proche.

Mais avant celle-ci une dernière surprise des organisateurs m’attend : une montée à flanc de mont dans de l’humus détrempé.

Les traces dans la boue témoigne des nombreuses glissades de ceux qui m’ont précédé. Beaucoup plus concentré, je prête une attention particulière aux appuis naturels ou non me permettant de stabiliser mon attention. C’est loin d’être le cas pour les quelques trailers qui sont devant moi. Je continue donc à gagner quelques places au classement sans forcer, même si cela reste anecdotique au final…

Ultime montéeUltime coup de rein à donner pour arriver au sommet sur de la pierre, me voilà encore en petite foulée pendant que tout le monde semble marcher autour de moi.

Les encouragements du public font plaisir à entendre et il ne me reste plus qu’une centaine de mètres en descente pour franchir la ligne. Ce qui est chose faite quelques secondes plus tard :)

Je suis assez content finalement, car malgré mon peu entrainement du mois de Janvier, j’ai réussi à mener à bien ma course avec des sensations plutôt bonnes sur au moins la moitié et en m’y amusant. Certes, il aurait fallu attaquer d’entrée pour espérer faire un chrono plus satisfaisant, mais prendre du plaisir aujourd’hui c’était déjà pas mal ;)

Je retrouve Franck tout pimpant qui a mené sa course de très belle manière : il a gagné une quinzaine de minutes sur son temps de la saison dernière malgré des conditions bien plus difficiles! Chapeau Amigo!!!

Elle était vraiment à faire cette 5ième édition du Trail du Mont Saint Aubert!

Le petit bilan pour finir

Un grand bravo à Franck qui a fait la course qu’il voulait malgré les conditions très difficiles.

Me concernant, cette première compétition de 2013 est plutôt encourageante pour la suite, reste à reprendre l’entrainement tranquillement.

Les stats

Nombre d’inscrit : 371

Nombre de finisher : 282 (une bonne partie des DNF n’a surement même pas pris le départ au vue des conditions…)

Distance et D+ (Officiel) : 30km D+1050m

Distance et D+ (GPS) : 31km D+800m

Franck : 91ième en 3h29min36sec (48ième V1M)

Moi-même : 161ième en 3h50min06sec (64ième SM)

Un grand merci à Patrick Verhaeghe pour les photos illustrant ce compte-rendu. :)

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