Trail des Pyramides Noires 2014 (1ère édition).

IMG_8497Le dossard a beau avoir été retiré la veille, qu’est-ce qu’elle a été courte cette nuit…

Il est 1h00 du matin lorsque le réveil retenti et j’avoue que je serai bien resté encore un petit peu sous la couette…

Les yeux et l’esprit un peu embrumé je déjeune rapidement, ne réalisant pas encore ce qui m’attend aujourd’hui.

Il faut dire que je n’ai pas réfléchi quand j’ai appris l’existence de cet ultra (104km, 19 terrils et 1700m de D+ sur le papier). Une telle course à proximité de chez soi : impossible de faire l’impasse! Après tout le Trail du Verbier Saint Bernard approche à grand pas et j’ai besoin d’un gros truc pour savoir où j’en suis.

Loin de ces considérations pour l’instant, je met les affaires dans la voiture et passe prendre mon compère Franck de manière à arriver à l’heure pour le rendez-vous : 2h30 départ de la navette qui doit nous amener sur la ligne de départ.

Une fois dans le bus je profite de ces derniers moments de répits pour somnoler, bercé par l’asphalte qui défile sous les roues.

La navette s’arrête en plein milieu de nulle-part, voilà maintenant les 170 coureurs de l’ultra rassemblés sur un bout de sentier, dans la nuit noire éclairé à lueur de frontale, les uns contre les autres pour lutter contre cette petite brise qui parait encore plus fraîche une fois quitté l’intérieur chaud et accueillant de la navette…

Un rapide briefing de l’organisateur pour nous signaler que certains tronçons ont été victime de débalisage sauvage et nous avons droit à la distribution d’un roadbook « au cas où »…

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Hormis Franck et moi, de nombreuses connaissances ont répondu présent à l’appel des terrils :) Régis que le Marathon des Sables semble avoir rendu encore plus serein, Jean que je n’avais pas vu depuis bien longtemps et que je retrouve avec plaisir, Joel et Christophe pressés d’arpenter les sentiers du bassin minier , Christophe Barbier et encore bien d’autres… à force de voir toujours les même tête on aurait presque l’impression de faire une sortie entre copain lol

L’attente me semble longue, j’ai hâte que ça commence, un peu de patience et me voilà récompensé : une nuée de frontales aux mouvements cadencés fend bientôt la nuit à l’assaut des premiers bouts de sentier.

Comme souvent, je suis parti de l’extrême fond du peloton, mon seul but étant de passer la ligne d’arrivée d’ici quelques heures sans autre prétention.

Les premières foulées en sous-bois donne le ton : les parties « terre » de la course risquent d’être bien grasse et glissantes. Les sentiers sont pour l’instant très étroits alors vu ma position, je suis tributaire du rythme imprimé par les coureurs devant moi, mais qu’importe, grâce à cela le démarrage se fera en douceur ^_^

L’allure modérée me permet d’avoir de bonnes sensations en ce début de course, je profite tant que je peux faisant le plein de bonne énergie pour la suite.

À la sortie du bois on enchaîne avec une petite descente dégagée, la nuit se fait moins noire, mais malgré les toutes premières lueurs du jour, la frontale reste plus que jamais nécessaire pour les appuis.

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Les premières ascensions se feront par cette luminosité et entourée par la brume. La prudence s’impose car il s’agit pour moi de boucler la course en bon état histoire d’aborder le Verbier sans trop de bobo. Je ne prend donc pas de risque pour l’ascension du terril d’Auchel, Franck fait de même et nous ne tardons pas à être rejoins par Joel et Christophe qui ont opté pour une course tranquille tout comme nous.

La montée et la descente se font en parallèle, l’occasion pour nous d’encourager les copains qui nous précédent.

Le jour qui se lève, la brume pour nous accompagner l’ambiance est aussi agréable que dépaysante : ça promet pour la suite.

Un petit arrêt au premier ravitaillement histoire de vérifier les niveaux de liquide, de prendre le petit déjeuner et nous repartons plein d’entrain pour la suite…

Celle-ci est encore plus poétique, le soleil se lève et le parcours nous fait traverser des champs de fleurs et d’herbes hautes. Toujours dans la brume, j’essaie de m’imbiber le plus possible de cette ambiance que j’adore, rendue encore plus agréables par le fait de la partager entre copain.

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Notre petit groupe de 4 progresse tranquillement au grès des lacets du parcours on en profite à fond, pour l’instant les jambes sont là et la magie des paysages aussi.

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Nous enchaînons les montées/descentes de marches sur de larges sentiers peu techniques et petit à petit, l’écart se creuse entre nos 2 binômes, nous laissons partir Christophe et Joel plus en avant après un bon moment passé avec eux. Franck et moi restons ensemble pour aborder la suite, comme d’hab serai-je tenté de dire :)

Au loin, nous apercevons les terrils jumeaux d’Hallicourt et petit à petit ils se rapprochent. Il ne fait aucun doute que c’est prévu pour la suite du programme. Malheureusement nous ne pourrons grimper aux sommets de ceux-ci, mais nous avons néanmoins le droit à un beau petit tour à proximité, sous le soleil la brume s’étant presque intégralement dissipée.

Un petit bout à travers champs plus tard et nous entrons dans Maisnils les Ruitz au lieu du 2ième ravitaillement (sur la place). Même topo que pour le premier : le plein de liquide, on en profite pour manger 2 ou 3 trucs (voir un peu plus) et c’est reparti direction le bois d’Ohlain.

Cela faisait bien longtemps que je n’y étais pas retourner et je retrouve celui-ci avec plaisir. Malgré une météo ensoleillée aujourd’hui, les sentiers forestiers gardent bien des stigmates des précipitations antérieures. Ainsi, il faut bien souvent abandonner le centre du chemin intégralement noyé et trouver un échappatoire plus ou moins acrobatique sur les cotés. Je manque de tomber à l’eau (ou plutôt à la boue à la couleur du liquide) à la faveur d’une très grosse glissade, mais me rattrape in extremis sollicitant malgré moi les chevilles pour récupérer un peu de traction latérale… Plus de peur que de mal, si ce n’est une petite montée de cardio, je n’ai pas l’air d’y avoir laissé des plumes…

Ce passage boueux derrière nous, se présente maintenant une partie plus roulante et plus sèche composée majoritairement de sentier agricoles contournant d’imposant espace de culture.

La brume définitivement dissipée, la température continue de monter. De grandes portions droites entrecoupées de virages à angles droits et le paysage composé de champs presque à perte de vue ne propose aucun passage ombragé. Vivement le prochain ravito pour se rafraîchir.

À un moment le sentier fini par débouché sur le lotissement d’un village, une grande table posée sur le trottoir devant l’une des première maisons : nous y sommes!

Pas d’ombre non plus au niveau du ravitaillement, mais la fraîcheur des boissons et ce petit moment de repos suffit à notre récupération. Pas pressés, Franck et moi en profitons pour une petite pause « apéro du Trailer ». Quelques Coca enfilés accompagnés de saucisson, de cacahuètes et autres délices salés plus tard et il est temps de reprendre notre chemin.

Encore une tout petit bout de chemin à faire direction Noeux les Mines, la base de loisir « Loisinor » et l’ascension de la piste de ski qui lui fait face.

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Un peu de bitume en plein soleil,et le tour du lac sans pouvoir y piquer une tête mon pied gauche commence à donner les premiers signes de fatigue : Je sens une tension apparaître au niveau de la voûte plantaire (bizarre…)… On vient à peine de dépasser la mi-course, mon inséparable compagnon de course Franck me confie que son genou ne va guère mieux, voilà qui n’annonce rien de bon pour la suite. La tête en prend un petit coup… d’un commun accord nous choisissons de marcher jusqu’à atteindre le sommet de la piste de ski, histoire de reposer un peu les machines tout en continuant à avancer, on verra comment ça se passera dans la descente.

Après le lac, une portion de bitume et nous voilà au pied de la piste. J’entame la montée entraînant avec Franck dans mon sillage. Arrivé à mi-hauteur surprise : il y a déjà le boîtier pour badger le doigt électronique et une flèche pour la descente qui s’effectuera sur le coté… En d’autre circonstance,  j’aurais sûrement été déçu de ne pas finir tout en haut, mais vu l’état de mon pied gauche et du genou de mon camarade, on ne va pas faire la fine bouche lol.

La descente me soulage un peu (bizarrement) contrairement à mon comparse.

La suite est composé de chemin plus urbains, alternant terre, schiste et bitume entrecoupés de 2 passages plus natures mais plutôt à classer dans le vallonné que le cassant. En effet, si les terrils de Mazingarbe et Grenay font partie de la suite du programme, je dois reconnaître qu’ils ne proposent pas de longues grimpettes verticales comme d’autres. Peu importe, l’escapade est sympa et permet de ne pas trop pester sur le bitume qui commence à se faire plus présent sur cette partie du parcours.

Ma douleur dans la voûte plantaire coté gauche est de plus en plus forte, Franck n’est pas en reste avec son souci de genou, nous alternons donc marche et course lente faute de mieux…

Le ravitaillement tant attendu de Grenay tombe à point nommé pour soigner nos « petits bobos ». Avant même de penser à la suite avec le désormais traditionnel remplissage de bidon (il fait vraiment très chaud maintenant) et le petit repas qui va avec. Pour Franck direction le poste de secours pour faire examiner son genou et pour moi enlevage de chaussure espérant comprendre d’ou vient ce problème de voûte plantaire…

À les chaussures enlevées je visualise mieux la douleur… mais ce n’est guère plus rassurant… C’est ma cheville gauche qui est touchée (sûrement lors de la glissade de tout à l’heure dans le bois d’Ohlain). Étonnant que je n’ai pas fait le rapprochement plus tôt. La douleur radie jusqu’au dessous de mon pied et le maintien de mon laçage très serré minimisait surement les tensions que je localise maintenant beaucoup mieux autour de ma malléole.

Pas le temps de m’apitoyer sur mon sort, il va falloir faire avec. Je profite de ce moment pour prendre soin de mes pieds qui commençaient à cuire dans les chaussures. Petit changement de chaussette, une bonne couche de Nok sur les talons et sous le pied, je lace mes chaussures bien serrées histoire de sentir la douleur le moins possible (espérons que ça marche…) et je passe à la partie hydratation et restauration : coca et toujours du salé.

Pendant ce temps, Franck s’est vu prodiguer quelques soins et il se sent de repartir. Nous remercions nos hôtes et nous repartons direction Loos en Gohelle, un de nos terrains de jeu favoris. L’allure oscille toujours entre le footing tranquille et les longues session de marche en mode économie au maximum. Le but reste toujours le même que depuis le départ : finir dans le temps imparti. Si cela pouvait paraître réducteur ce matin au moment de partir, cela constitue déjà un bel objectif au vue des fait de course.

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Loos est encore loin, le temps qui nous sépare des jumeaux nous semble interminable mais finalement quel plaisir quand nous posons la première foulée sur le site du 11/19.

Nous avons le droit au circuit touristique avec un contournement par le petit bois à proximité histoire de grimper le seul des 2 terrils qui fera l’objet d’une ascension en partant du plus bas possible.

Très bonne surprise au sommet (qui semble décidément plus haut que d’habitude LOL), Patrice le papa de la petite Agathe nous y attend. On prend un peu de temps pour discuter avec lui, ça me fait un bien fou de le voir. En un éclair la tête va mieux et le moral revient. Après cette petite pause au sommet, Patrice nous accompagne jusqu’en bas et nous retrouve une dernière fois à la sortie du site. Un grand merci à lui pour ses mots car d’une certaine manière cela m’a remis sur les bons rails.

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Malgré cela, la partie est loin d’être gagnée… Il reste encore pas mal à parcourir, il fait toujours aussi chaud, et ma douleur cheville gauche ne se limite plus au dessous de mon pied, elle se ressent maintenant dans toute la cheville.

Franck n’est pas au mieux non plus, nous tenons la même cadence.

La suite du parcours est très éprouvante physiquement : beaucoup de bitume (je dirai même intégralement en bitume) la chaleur toujours aussi pesante et nos soucis respectifs à Franck et moi toujours aussi problématiques…

Ce petit tour dans Lens et les cités minières environnantes a beau être couleur locale, il ne m’enchante guère, bien au contraire…

D’autant moins qu’au moment de passer à proximité du musée du Louvre un peu de houille accumulée à Loos dans la descente du terrils fini par m’entamer le talon provoquant instantanément une vive douleur à cet endroit. Je m’arrête pour soigner ça, met un petit bout d’elasto sur la zone lésée et c’est reparti…

Les fractions de marche s’allongent autant que raccourcissent les moments de course, cela devient vraiment, vraiment difficile… Je serre les dents, mais continue d’avancer…

Du bitume, toujours du bitume, j’avoue que je sature et commence à dégoupiller… Il est temps que le ravito suivant arrive, mais j’ai l’impression qu’on ne l’atteindra jamais tellement cela passe lentement…

Pourtant Avion, ça n’est pas si loin en principe!?!

Nous pénétrons après le passage d’un ou deux ponts routiers dans un parc urbain qui semble assez vaste. Au moins ça n’est plus du bitume! Mais toujours pas de ravito en vue GRRR!!! Sortie du parc je crains de retrouver du bitume mais au lieu de ça nous bifurquons sur la gauche et rentrons dans une grande étendu d’herbe avec tonnelle et musique. C’est là! C’est sûr!!!

Une fois sur place nous avons le droit à une ovation des membres de la maison de retraite d’à coté venu tout spécialement nous encourager. Ça fait bien plaisir, un moment bien sympa après des kilomètres d’agonie sur l’asphalte qui nous a conduit ici.

Franck choisi de s’allonger sur l’herbe le temps de récupérer un peu, de mon coté, craignant de ne jamais me relever j’ai pris l’option « chaise » après avoir bien sûr pourvu au remplissage des bidons (qui étaient tous les 2 presque à sec avec cette chaleur)  et « pluqué » un peu dans les assiettes de salé (saucisson et cacahuète on de change pas une équipe qui gagne LOL). Une bénévole accepte de masser les mollets de Franck, puis une 2ième se vantant d’avoir une meilleure technique prend sa place dans le fou rire général, un petit moment sympa pour nous après les galères qui s’enchaînent maintenant depuis quelques heures…

On passe un peu de temps sur ce ravito, on serai même resté un peu plus mais il est déjà l’heure de s’en aller, si on veut ne pas être trop ric et rac sur les barrières horaires pour terminer.

Pas de course, nous nous remettons en route en marchant, on verra par la suite si on est capable de relancer.

Après un bon moment où l’on a plus marché que couru sur de longs sentiers périurbains qui nous semblent interminables, nous atteignons  enfin le parc des îles. En suivant le balisage nous voilà à proximité du terril faisant face au lac. Un coureur nous indique que nous avons tourné trop tôt et qu’il faut d’abord faire le tour du plan d’eau avant de commencer l’ascension… GRRRR!!! Pas vraiment emballés de cette bifurcation inattendue nous rebroussons tout de même chemin : hors de question de zapper le moindre km du parcours!

Le tour du lac fait, le terril toujours en visu nous entreprenons l’ascension de celui-ci. Lassé des longues lignes droites désespéramment plates, je suis plutôt content de faire de la grimpette, de fait je prend la tête de notre binôme et en route pour le sommet. Arrivé sur le plateau nous prenons quelques minutes pour profiter du paysage (ça serait dommage de passer à coté de ça!) et nous redescendons droit dans la pente pour passer au secteur suivant.

Par la suite, le parcours retrouve un peu de nature même si la ville n’ai jamais très loin, nous passons à proximité de celle-ci sur de petit sentier taillés à la volée dans des herbes hautes à proximité de l’environnement urbain.

Juste derrière 2ième ration de terril, un environnement un peu moins végétal qu’avant mais avec tout de même de bon coup de cul à donner pour gravir les 2 ou 3 montées. Un paysage par endroit qui semblerait presque lunaire s’il n’y avait pas cette immense flaque dans le creux des bosses.

La descente vers les sous-bois est raide, mais je tire mon épingle du jeu beaucoup mieux que ce que je pensais.

La rando/course se fait de plus en plus rapide, logiquement on devrait être dans les temps.

Je supporte de mieux mieux la douleur à ma cheville, même si celle-ci n’a pas diminué; comme si j’avais une sorte d’accoutumance. Franck par contre supporte de moins en moins ce genou qui le fait souffrir, il est de plus en plus à la peine.

Les kilomètres ne passent pas aussi vite qu’on le voudrait et arrivé un moment c’est la goutte de trop pour lui :

Il me dit de partir en avant mais je n’arrive pas à me résoudre à le laisser… :(

On a déjà parcouru tant de kilomètres ensemble que c’est dur de se dire que ça va se terminer comme ça.

Il finit par lâcher complètement et s’arrête au niveau d’un bénévole. Il me dit qu’il va faire une pause et voir s’il peut repartir.

Je repars laissant là mon poto…

Par la suite toujours le même schéma : des herbes hautes et la proximité urbaine, parfois même du bitume.

Je veux terminer alors je rassemble ce qui me reste et commence à presser l’allure. Mes sensations restent inchangées (n’empirent pas quoi! lol).

Au moment de franchir le pont de la rocade minière, nouveau petit soucis « abrasif » avec de la houille accumulée dans les chaussures. Un petit arrêt pour remédier à cela, un bout d’elasto plus tard et me revoilà à trottiner sur les sentiers.

Un petit virage, une petite butte et l’herbe à vache cède sa place à de la houille, une nouvelle grimpette s’annonce mais celle-ci est de courte durée, une cuvette se présente à moi. Sans réfléchir je me précipite dedans et me voilà entouré de relief sans la moindre trace de balisage…

Je grimpe à un endroit pensant que prendre de la hauteur m’aiderait à repérer un bout de rubalise salvateur ou une trace de peinture m’indiquant la direction à prendre puis redescend ne trouvant pas la sortie du site… Je tourne comme ça un petit peu quand soudain une flèche sur le sol me remet sur le bon chemin!

Loin de me mettre un coup au moral, cette petite mésaventure me remet sur les bons rails et voilà mon allure de course encore accélérée, retrouvant presque un niveau décent!

J’arrive après encore quelques sentiers dans les sous bois au niveau du dernier ravito ^_^

Je suis toujours dans les temps!

J’en profite pour demander un peu d’elasto aux secouristes présent sur place avant même de penser à la nourriture et l’hydratation.

Je strap la cheville, colle un petit bout sur les talons usés par les frottements de cette poussière noire qui s’est incrustée jusque dans mes chaussette.

Un bon plein de liquide, une poignée de chose à grignoter et je repars non sans remercier mes hôtes pour leur gentillesse.

Dernier tronçon avant le grand final. Sur-motivé : je suis bien décidé à donner le grand coup de collier nécessaire pour finir au plus vite. Je me met donc à courir, à bonne allure même (compte tenu des kms et de l’état physique biensûr). Ce n’est pas que la douleur dans la cheville n’est plus présente, bien au contraire, mais la perspective d’arriver au bout me permettent de supporter la douleur sans sourciller. On dirait que je me suis habitué à celle-ci et que ça n’est plus une entrave pour courir.

Je cours donc et je double. Beaucoup de coureur non plus mon état physique et je rattrape sans forcer des coureurs qui me devancer depuis de nombreuses heures.

Cela m’importe peu je dois dire car mon seul but c’est d’être finisher et pouvoir brandir ma banderolle « Aidons-Agathe ». Néanmoins cela me rassure quant à mon aptitude à boucler cette journée.

La partie le long d’un chemin de hallage n’est certes pas la plus palpitante de la journée, mais moi ça me va bien. Je ne demande rien de plus!

Je reviens maintenant à la hauteur d’un coureur qui me reconnait et m’interpelle! Surprise : c’est le frère d’un pote que je n’avais pas vu depuis plus de 10ans!!!

Il marche, je reste à sa hauteur quelques minutes histoire de papoter un peu avec lui, puis reprend mon chemin, mes jambes étant avides de trotter (on m’aurait dis ça il y a quelques heures je ne l’aurais pas cru! lol)

Je double ensuite un autre coureur avec qui j’avais échangé quelques mots il y a plusieurs heures, il me donne 2 ou 3 tuyaux sur la fin de parcours m’indiquant visuellement où l’on se dirige. Je le remercie et continue mon chemin.

Je quitte le halage et une forêt dominée par un terril se présente à moi. J’y suis presque!

Un petit tour par un sentier bordant un champ permet d’entrer dans ce bois plutôt vallonné. Et voilà maintenant la dernière ascension.

Encouragé par ceux qui redescendent du sommet et sous la musique d’un orchestre venu soutenir les concurrents je pousse sur les jambes pour gravir au plus vite ce sentier en colimaçon qui m’entraîne jusqu’au sommet!

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Les félicitations des signaleurs en haut, le temps de sortir ma banderole et je redescend direction la ligne d’arrivée!!!

Je profite de la descente pour encourager ceux qui montent pour la dernière fois  tout comme mois il y a quelques minutes, je leur tape dans les mains, leur glisse un petit mot de félicitations, et bifurque direction l’arrivée!!!

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Je tend ce petit bout de tissu aussi symbolique qu’important pour moi et sous les applaudissements des spectateurs présent franchi la ligne ô combien rêvée de cette première édition du Trail des Pyramides Noires.

De l’autre coté, Franck qui m’attendait patiemment vient tout de suite me féliciter. Il n’a pas eu autant de chance que moi mais je suis néanmoins très fier de tout ce que nous avons pu partager ensemble et je suis sûr qu’il y aura bien d’autres lignes que nous franchirons ensemble!

Quelle course, je suis passé par à peu près tous les états : le moral est même descendu très bas la faute à des soucis physique ayant grandement influencé ma progression sur cette épreuve. Malgré tout, je suis très content d’avoir été au bout, et très fier d’avoir su faire le dos rond quand c’était très difficile pour moi le temps de retrouver un peu d’influx pour relancer.

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